Aujourd’hui, le bassin de main-d’œuvre est plus limité, ce qui n’était pas le cas lors des révolutions industrielles passées. Les politiques et les mesures incitatives pour contrôler la démographie, les technologies reproductives et une fertilité moins élevée ont pénalisé la croissance démographique à tel point que bon nombre d’économies de la planète constatent de lentes augmentations – voire des déclins – de leur population. Pour maintenir la cadence, plusieurs pays ont dû recourir à la mécanisation; si on n’avait pas modifié la contribution du capital à la croissance, dans bien des cas, elle aurait été absente. Désormais, la mécanisation a pour effet de déplacer des travailleurs qui n’existent pas vraiment, et les entrepreneurs se tourneront de plus en plus vers la mécanisation pour maintenir leurs activités.
Le contexte actuel met en lumière une autre dimension. La technologie a permis la mondialisation des chaînes d’approvisionnement, et malgré son efficacité et sa capacité à réduire les coûts, elle s’accompagne de risques majeurs. Les points d’approvisionnement uniques sont exposés à des catastrophes naturelles – comme les tremblements de terre, les tsunamis, les sécheresses, les inondations, les feux de forêt et… les pandémies. La mécanisation n’est pas autant attachée à un lieu précis; d’ailleurs, les coûts pour la machinerie et l’équipement sont semblables d’une région à l’autre, bien plus que les coûts liés à la main-d’œuvre. Ce faisant, la mécanisation réduit considérablement la dépendance envers des sites de production éloignés, ce qui rehausse le potentiel d’une plus grande fiabilité des processus.
L’échelle est un autre avantage de taille de la mécanisation. La production à forte intensité de main-d’œuvre exige un large bassin de travailleurs et, de ce point de vue, les pays les plus grands sont avantagés. Les contraintes d’échelle sont moins prédominantes dans les systèmes à plus forte intensité de capital; les pays plus petits ont donc de meilleures chances de se mondialiser en misant davantage sur la mécanisation.