« La connaissance augmentera ». Ces trois mots simples à la fin d’une chronique jadis célèbre datant de l’ancienne Babylone évoquent un futur ressemblant beaucoup à la réalité d’aujourd’hui. L’explosion exponentielle des données à laquelle nous assistons est sans précédent, et ce mouvement ne montre aucun signe de ralentissement. Certains affirment que le nombre de nouvelles données est multiplié par deux tous les ans; d’autres annoncent qu’il doublera toutes les 12 heures. Peu importe qui a raison, l’augmentation actuellement mesurée est vertigineuse, et elle a de quoi intimider les PME. Alors, serons-nous énergisés ou bien submergés par ce déluge de données?

Multiplication des données à l’échelle mondiale

Les chiffres donnent le vertige. L’accroissement prodigieux des capacités informatique a accru la génération et le traitement des données, ce qui a alimenté la demande pour des ordinateurs toujours plus puissants. Désormais, la collecte de données n’est pas faite uniquement par des personnes et des entreprises, mais aussi par des machines et des capteurs –, et ce, 50 fois plus vite. En 2017, la société International Data Corporation prédisait que le total des données sur la planète passerait de 16,1 zettaoctets (soit 1 billion de gigaoctets) à 163 zettaoctets d’ici 2025 : en clair, que le nombre serait multiplié par 10 en neuf ans. Ces chiffres sont difficiles à saisir vu le faible nombre d’éléments autour de nous avec lesquels les comparer. Alors, que doit-on faire?

Réagir face à l’océan de données

On pourrait d’emblée répondre que seuls les grands acteurs – les Google, Facebook et Amazon de ce monde – ont la capacité de gérer, recueillir, stocker, analyser et donner suite aux signaux transmis par ce vaste océan de données. C’est vrai. Ces géants et d’autres sociétés du même genre ont investi massivement dans des systèmes pouvant recueillir l’incroyable flux de données transitant par leurs réseaux. Il est aussi vrai que ces géants ont une armée d’analystes qui s’affairent à examiner ces données ou à créer des algorithmes pour les traiter et produire des informations générées au moyen d’analyses de corrélation et de régression. Voilà assurément un paradis pour les mordus de données.

La connaissance, c’est le pouvoir

Si la connaissance, c’est le pouvoir, alors il semblerait que les grands acteurs profitent d’avantages d’échelle qui, inexorablement, viendront accentuer la concentration des entreprises, et, au bout du compte, établir des monopoles du savoir qui excluront, et à terme élimineront, les petits joueurs n’ayant pas les moyens de maintenir la cadence ou de combler le retard. Certains croient fermement que la Quatrième révolution industrielle fera de nombreuses victimes, ce qui correspond bien à notre description. S’agit-il d’une fatalité malheureuse ou existe-t-il un moyen pour que les petites entreprises puissent aussi tirer parti de ces changements?

Ma réponse à cette question s’étendrait sur plusieurs pages, mais voici quelques points essentiels pour nourrir la réflexion. Premièrement, tout le monde aspire à détenir le monopole. Les enfants en font l’expérience lorsqu’ils jouent au jeu de société du même nom. Les données de votre entreprise constituent votre monopole, car elles sont votre propriété, à moins que vous en décidiez autrement. Elles sont votre fenêtre unique sur le monde, et plus vous en avez, plus vous disposez d’éléments pour prendre des décisions.

Deuxièmement, le fait de recueillir de façon proactive ces données uniques est une décision stratégique. Cette collecte n’a jamais été aussi facile, mais il est souvent tentant de repousser cette décision pour s’occuper d’affaires plus urgentes. Pourtant, bien souvent, les données sont déjà là : il suffit de les organiser. De plus en plus, les données sont recueillies par des machines sans cesse plus intelligentes. En n’investissant pas de façon soutenue dans des technologies de pointe dans ce domaine, les entreprises se privent d’une précieuse rétroaction, qui est sans doute cruciale pour leur planification opérationnelle. Les médias sociaux constituent aussi une abondante source de données.

Troisièmement, il ne suffit pas de faire la collecte des données; il est aussi primordial d’investir dans leur traitement. Cette activité peut être externalisée, mais on court alors le risque que la recette secrète du parcours futur de l’entreprise soit révélée. Or, il existe un nombre croissant d’outils de traitement des données, qui permettent de cerner les tendances commerciales et du marché « de niveau supérieur ». Au fil du temps, il sera de plus en plus indispensable – et lucratif – de se doter d’outils efficaces d’analyse des données.

Quatrièmement, quand les informations commenceront à émerger, il faudra sans doute passer à l’étape de l’expérimentation. Les grandes entreprises essaient en permanence de nouvelles choses pour confirmer ou infirmer les mouvements du marché. Bien entendu, les expérimentations ne seront pas toutes fructueuses, mais avec la pratique, la capacité de dégager un « portrait numérique » du marché augmentera. Enfin, pour réussir, ces expérimentations devront être accompagnées d’un solide plan d’exécution.

Conclusion?

De tous les actifs d’une entreprise, les données figurent rarement au bilan. Que les comptables soient ou non d’accord, les données sont rapidement en passe de devenir l’un des actifs commerciaux les plus importants, étant donné qu’ils sont de plus en plus la clé de la pertinence future. Les grandes sociétés de demain ont déjà mis en place une stratégie en matière de données – et grâce aux technologies actuelles, développer une telle stratégie n’a jamais été aussi bon marché.

Le présent propos est uniquement présenté à titre d’information. Il ne se veut pas une déclaration générale ou détaillée sur un sujet particulier et aucune déclaration ni confirmation, expresse ou implicite, n’est faite à l’égard de son exactitude, de son opportunité ou de son intégralité. Ce propos ne vise pas à fournir de conseils de nature financière, juridique, comptable ou fiscale et ne devrait pas servir à cette fin. EDC et l’auteur se dégagent de toute responsabilité à l’égard des pertes ou des dommages attribuables à l’utilisation des renseignements qui y sont énoncés ou encore à leur inexactitude ou aux erreurs ou aux omissions qu’ils peuvent contenir.